Cinema
Critique “Cinéma” : Animé Death Note
by Kaelis on fév.20, 2010, under Cinema
Critique série Death Note

Death Note est une série animée tirée du manga du même nom, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Le manga papier a fait un véritable carton à sa sortie, non seulement au Japon mais également dans le reste du monde, en France par exemple. Il a donc eu droit à l’adaptation en animé et même –comble du succès – à pas moins de trois adaptations cinématographiques. Autant dire que ce manga a marqué son époque et vient aisément se hisser au rang (voire au-dessus même ?) de « monstres » tels que Naruto ou Detective Conan.
L’intégrale de la série animée est composé de 37 épisodes – soit tout de même bien moins que les animés de Naruto ou Bleach. Je les ai visionnés en l’espace d’une semaine et je peux donc vous donner mon avis.
Tout d’abord je précise que c’est l’unique animé que j’ai regardé jusqu’au bout, Naruto est interminable et de même pour Bleach. Nous verrons néanmoins que Death Note n’échappe pas non plus à cet écueil sous certains égards.
Death Note se présente de prime abord avec une histoire réellement captivante et originale. Pas question d’un petit garçon de six ans qui serait un véritable monstre de puissance et auquel font face des vétérans formés toute leur vie à cette éventualité tout en poussant des « oh » et des « ah » à chaque fois qu’on ne fait ne serait-ce que mentionner le nom de ce qui vient de se réveiller, et qui à chaque page aligne des « ce n’est pas possible » ou des « vous n’y pensez pas !? » lorsque leur chef décide d’employer une arme über-puissante qui comme par hasard n’avait jamais été mentionnée avant mais qui désormais change complètement les termes de la situation. Je n’estime guère ce genre de mangas de petits garçons, avec des guerriers plus puissants les uns que les autres (tellement que les mots de « puissance » ou de « force » perdent toute signification) et de l’autre côté des minables qui n’en croient pas leurs yeux. C’est tellement caricatural et ça traduit une telle envie de puissance désolidaritatrice que ça m’écœure. Je parle de mangas tels qu’Akira, qui m’insupporte.
Non ce que j’ai donc d’abord grandement apprécié avec Death Note, c’est la subtilité de la situation de base ; dénotant agréablement avec bon nombre d’autres mangas. Un étudiant, Light Yagami, découvre un cahier dans la cour de son lycée. Il semble être littéralement tombé du ciel. En lisant ce qui est inscrit dessus il apprend que « L’humain dont le nom est noté dans ce cahier meurt. » Comme tout à chacun il n’en croit pas un mot, mais, poussé par la curiosité, il finit par le ramener chez lui. Alors il décide de vérifier ou d’infirmer ce qui est écrit dans le cahier et écrit dedans le nom d’un criminel qui est en train de faire une prise d’otages dans une école, l’information était relayée à la télévision. Et alors là, choc ! le criminel meurt.

Light écrivant dans son cahier
Light est donc complètement bouleversé et commence à imaginer toutes les possibilités d’utilisation du cahier. (Bien sûr ce Light est jeune, beau, intelligent, grand, fort et n’a ni les yeux bridés ni les cheveux noirs. Les mangakas trahissent très souvent les mêmes fantasmes dans leurs œuvres, de même avec les femmes blondes, bien entendu très rares au Japon, tandis que dans Death Note Misa est blonde, l’espionne de L l’est, celle du SPK aussi…)
Et c’est là que finalement la lassitude s’annonce (hé oui, déjà), bien qu’on ne la ressente pas tout de suite, mais ce sera finalement le même sentiment qui nous frappera à la fin de la série et l’on se rendra compte qu’il prenait ses fondements dès le début même de celle-ci. Car très vite Light bâtit son ambition qui tiendra la toile de fond de l’animé tout du long. Le jeune garçon veut faire de la Terre un nouveau monde ! Armé de son Death Note, il peut punir les criminels et éliminer le Mal de la surface de la planète. Je vous l’accorde l’intention est louable durant les douze premiers épisodes, mais ce plan finit réellement par écorcher les oreilles à la fin. D’autant plus que Light souhaite, ce faisant, devenir le « dieu » de ce nouveau monde. Oui pourquoi pas, tant qu’à faire.
A l’annonce de cette vision manichéiste on ne peut s’empêcher de noter le manque flagrant de maturité dont souffrent la plupart des mangas. Et malheureusement Death Note n’y coupe pas non plus. Sous ces airs parfois profonds, sous ces dehors philosophiques ; Death Note n’est au final que l’histoire d’un garçon qui veut jouer à Dieu. L’animé est un « hubris » qui dure 37 épisodes. Et tout comme Adam et Ève ou les Androgynes chez Platon, ceux qui tentent d’égaler les dieux… Light aura plusieurs fois des doutes, des questionnements, mais ils sont là que pour faire joli, de simples questions de façade. Mais au final l’intériorité du personnage principal n’est quasiment pas découverte, on n’aura jamais de motivations précises, ni de changements de plans pourtant inhérents à la nature humaine instable. Les artistes aussi seraient-ils trop marqué par la culture confucéiste asiatique ? Car, alors que le sujet s’y prête parfaitement et que l’action n’est resserrée qu’autour d’une poignée de personnages, voire uniquement deux ; l’on n’a jamais droit à des expressions de l’intériorité, Kira et L se présentent à nous uniquement comme des machines à penser, drôlement douées, mais nullement des humains. On est bien loin de l’expression romantique de l’intériorité.

L, le seul pouvant tenir tête à Light
Le scénario démarre donc sur la découverte de ce cahier et de ces propriétés effrayantes. Pas étonnant, il vient tout droit du monde des dieux de la Mort. Chacun de ces dieux a un cahier et il arrive qu’il le laisse tomber dans le monde humain. Ce qui vient d’arriver avec le Death Note qu’a trouvé Light. Il va également se retrouver avec le dieu de la Mort qui va avec. Il s’appelle Ryuk, mange des pommes et ressemble à ce que pourrait imaginer un enfant de 12 ans à l’énonciation de l’idée de la Mort. Oui, Ryuk est donc grand, aux teintes noires, a des ailes, des dents pointues et de grands yeux ; bien entendu il est immortel. Les différents dieux de la Mort que nous verrons dans Death Note sont tous aussi affligeants de non-inspiration. Ils s’avèreraient presque être grotesques, des sortes d’épouvantails se voulant macabres.
Très vite l’histoire prend un nouveau tournant, qui tiendra jusqu’à la fin de la série. En effet la police se met à rechercher « Kira ». Les enquêteurs ont fini par remarquer la vague de morts qui s’abattait sur les criminels et comme tuer c’est mal il faut mettre celui qui s’amuse à ça derrière les barreaux. Cette lutte de la police contre « Kira » se résumera à la lutte entre Light Yagami et celui qui se fait appeler « L », tout simplement le meilleur détective au monde. Death Note est donc finalement plus régie par une intrigue policière qu’autre chose. Mais c’est cet aspect qui est l’occasion de voir les meilleurs aspects de Death Note.

Ryuk, un des dieux de la Mort.
En effet le combat entre L et Kira est tout bonnement très excitant sur le début. Un jeu intellectuel d’une rare intensité et scénarisé avec brio. Les Japonais sont très forts pour nous offrir ce genre de démonstration d’intellect (voir les énigmes de Detective Conan) et Death Note s’avère être un très bon cru sur ce point. C’est cette guerre psychologique, le conflit entre ces deux génies de la déduction qui est le principal attrait de l’animé. Et honnêtement, on y reste scotché jusqu’aux épisodes 12/13.
Et c’est là qu’un autre point faible de Death Note s’esquisse, malheureusement commun à nombre, si ce n’est tous, de mangas à succès. Je veux parler de leur allongement exponentiel totalement injustifiée, absurde, et finissant toujours par vous écœurer d’une série que vous adoriez au début. Et Death Note n’échappe pas au fléau qui a déjà touché Naruto, Detective Conan, Bleach ; et tant d’autres malheureusement (saluons Akira sur ce point pour ne pas s’être éternisé ; malheureusement la plus grande qualité d’un manga vient à être définie par l’absence d’un défaut…). C’est très simple, l’animé Death Note aurait dû s’arrêter aux épisodes 12/13, vraiment ! Pour peu que vous soyez réellement amateur, vers les épisodes 25/26 à la rigueur (et je suis vraiment généreux). Mais tout ce qui suit n’est qu’ajout grossier et irrespectueux de l’œuvre telle qu’elle nous captivait au départ. Death Note tombe dans une caricature de lui-même, les personnages se parodient et les scènes chocs se suivent à vitesse grand V dans un pâle palimpeste tentant de retenir le spectateur sous cette masse incohérente d’actions.
Le scénario tombe dans le grand n’importe quoi, le brio de la guerre intellectuelle du début est depuis longtemps effacé, on fait des sauts de plusieurs années dans le temps, enfin du grandiloquesque à outrance. La seule motivation qui pousse à continuer de regarder est l’insatiable curiosité, l’envie de savoir qui va finir par gagner dans le duel Kira/L. Enfin, en bref, un beau gâchis. Sûrement motivé par l’appât du gain facile… Saluons néanmoins le scénariste d’avoir évité la prolifération des personnages tout du long, même si l’intrigue s’avère essoufflée dès le premier tiers de la série, la sphère scénaristique ne s’étend jamais au-delà de quelques personnages, conservant ainsi une certaine tension dramatique appréciable.
Pour finir, l’animé est correct d’un point de vue esthétique mais sans plus. On n’a pas le droit à des scènes grandioses ou à des couleurs particulièrement inspirées. Death Note assure toujours un niveau moyen qui n’est jamais mauvais mais il manque cruellement de coups d’éclats. Quand on sort des dessins d’un « Princesse Mononoké » cela paraît assez fade. Néanmoins les « cadrages » sont dynamiques et les couleurs ainsi que la lumière sont plutôt bien employées, et face aux autres mangas animés il n’a aucune honte à avoir ; Naruto, Bleach et Detective Conan ne font jamais mieux.
L’aspect des personnages est assez caricatural, Kira et L ont les cheveux longs et quant aux deux filles principales qui côtoieront Light, elles n’ont rien non plus de franchement nouveau.
Quant à l’aspect sonore ; les voix françaises assurent un doublage honnête, même si l’on préfèrera bien davantage visionner en VOSTF. Les musiques sont assez redondantes mais plutôt bien exploitées, dommage d’avoir changé le générique pour cette ignoble soupe métal en plein cours de série…
Pour conclure, Death Note dénote agréablement des autres mangas de par son aspect guerre psychologique, c’est un véritable tournoi d’échecs que l’on suit, mené par les deux maîtres de la logique que sont Kira et L. Mais bien vite on s’aperçoit qu’il n’échappe aux principaux écueils du manga : le manque de maturité ainsi que l’allongement incompréhensible de l’intrigue. L’esclavage pourrait-on dire. Un animé digne d’intérêt jusqu’au premier tiers de la série, mais qui se perd ensuite malheureusement dans des méandres ininspirés.
Critique Cinéma : Dark Water
by Kaelis on fév.02, 2010, under Cinema
Dark Water est le remake américain du film d’horreur japonais du même nom, réalisé par Hideo Nakata et sorti en 2002 ; le réalisateur du célèbre « The Ring ». La version japonaise originale était adaptée d’une nouvelle de l’écrivain Kôji Suzuki, l’auteur du roman « Ring » dont a ensuite été tiré le film.
La version américaine de Dark Water, réalisée par Walter Salles, a suivi peu de temps après la version japonaise, elle fût visible dans les salles sombres dès 2005. Inspiré d’un film lui-même adapté d’une œuvre écrite japonaise, l’on pouvait s’attendre à une horreur à l’asiatique; plus subtile et sous-jacente que celle de la majorité des productions américaines aux litres d’hémoglobine. Alors, qu’en est-il de cette version US ?

L'affiche du film
Le scénario prend place dans un cadre contemporain : Dahlia Williams, jouée par Jennifer Connelly, vient de se séparer de son mari et cherche à s’installer dans un nouvel appartement avec sa fille, Cecilia, dont elle tente à tout prix de conserver la garde tandis que son mari veut la lui soutirer. Elle trouve un logement non loin de Manhattan, puis un nouvel emploi – tout semble s’arranger pour le mieux.
Mais bientôt l’appartement s’avère être le lieu de manifestations inquiétantes ; de l’eau brunâtre coule du plafond, Dahlia entend des bruits venant de l’appartement du dessus, censé être vide… Et sa fille, Cecilia, l’inquiète de plus en plus, elle s’adresse à une amie imaginaire : Natasha.
L’on découvre rapidement que les anciens locataires du dessus font étrangement écho à la vie de Dahlia. Ils sont partis en abandonnant leur fille, supposant chacun de leur côté que leur fille – Natasha – était avec l’autre parent. Une mère alcoolique, comme celle qu’avait Dahlia… « Ils n’ont fait que supposer, mais ils n’ont rien fait pour savoir comment allait leur fille », dira-t-elle. Une phrase qui résume plutôt bien toute la vision pessimiste du film.

Dahlia et sa fille
Car c’est une sombre ambiance qui sous-tend l’intégralité du long métrage ; à la manière d’un Seven, la pluie est omniprésente, donnant un sentiment d’écoulement de l’espoir, le film est perdu dans une bruine grisâtre perpétuelle, en faisant une sorte d’histoire intemporelle et oubliée entre quelques limbes de quartiers délabrés. De même, les personnages sont tout autant « liquides », ils n’ont aucun aspect fixe, si ce n’est leur fuite perpétuelle ; tout le monde ment : l’avocat de Dahlia, l’agent immobilier, le concierge de l’immeuble, l’ex-mari. Le courage est aux abonnés absents, de même que la confiance. Ainsi la seule personne sur laquelle Dahlia puisse compter, une certaine « Mary », nous n’en connaissons que la voix car sa présence se limite au domaine de la conversation téléphonique. Jamais nous ne la verrons, le seul symbole de la confiance et de l’espoir du film n’a aucune présence physique – autant dire aucune présence tout court.
L’histoire se présente alors comme une véritable spirale sans issue ; Dahlia ne peut oublier son passé, qui coule sans cesse dans sa mémoire comme l’eau du plafond. Et comme nous le voyons, quelques couches de plâtre appliquées par le concierge ne suffiront pas à arrêter les eaux noires ; de même Dahlia ne parviendra pas à échapper à ses souvenirs, ses souvenirs d’une mère qui la haïssait, qui aurait très bien pu l’abandonner comme l’a fait la mère de Natasha. Les deux adultes du 10F, l’appartement au-dessus du 9F, là où habite Dahlia, se présente finalement comme deux répliques de ce qu’étaient ses parents. Une mère alcoolique, un père qui la battait. De même que Cécilia trouve en Natasha une amie imaginaire, Dahlia y voit une image de sa propre jeunesse. D’où l’aspect terriblement enclos de l’univers du film.
Cet univers animé par la musique aussi belle que sombre d’Angelo Badalamenti, célèbre pour ses nombreuses compositions pour les productions de David Lynch – des bandes originales aussi réussies que celle de Mulholland Drive ou encore Twin Peaks. La bande-son participe dans Dark Water pour beaucoup à l’instauration d’un monde oppressant, d’une atmosphère tragique où l’espoir est limité à quelques mots sans corps entendus au téléphone. Les violons fébriles y symbolisent la recherche impossible d’un équilibre pour Dahlia et les échos de pianos sont autant d’appels au secours sans réponse.

D’un point de vue technique, la réalisation est de qualité. Desservi par des cadrages classiques mais efficaces tout du long, Dark Water n’innove pas visuellement mais assure un niveau tout à fait correct, à même de desservir toutes les idées scénaristiques. De même pour les effets spéciaux, relativement peu nombreux au demeurant, qui sont réussis et brillent au final plus par leur discrétion que s’ils avaient été surexploités. On regrettera cependant des scènes d’horreur là aussi classiques, ne surprenant pas assez le connaisseur de films d’horreur.
Quant au jeu des acteurs, c’est plus ou moins le même constat qui s’impose : Jennifer Connelly réussit haut la main dans le rôle de Dahlia, mais par sa sobriété. Au final le film se noie toujours dans des marasmes grisâtres, nul coup d’éclat, tout est sobre, tout est pâle dans Dark Water, comme un cadavre blafard de noyé. Et Dahlia perd peu à peu de sa vie, de son parfum, elle se fane comme une fleur, comme un dahlia…
Un film sombre donc, pessimiste et glauque. Aussi noir qu’un Seven, mais moins baroque. Dans Dark Water, tout est « plat d’horreur ». La morosité semble ici la règle, l’univers entier est déprimant. Tout n’est que gris, pluie ; et nous n’aurons jamais le fin mot de l’histoire, comme si la conclusion était elle-même noyée par toute ces flots de désespoir : machinations de l’ex-mari pour obtenir la garde de la fille ? délire paranoïde d’une Dahlia trop médicamentée ? ou encore serait-ce le fantôme de Natasha qui fait tout basculer ? Nulle réponse. Mais un film qui s’apprécie plus pour son ambiance, pour peu qu’on y soit sensible, que pour son scénario.
Critique Cinéma : The Mist
by Kaelis on jan.31, 2010, under Cinema
Ce film, réalisé par Frank Darabont, est l’adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Stephen King. Le casting comporte une quasi totalité d’inconnus mais le réalisateur avait fourni deux bons long-métrages : Les Évadés et la Ligne Verte ; qu’en est-il donc de “The Mist” ?

Et bien, ce qui vient de suite à l’esprit est : déprimant.
Tout le monde crève (excusez mon langage mais les morts sont tout aussi crues qu’un tel niveau de langue donc autant vous mettre au parfum), les scènes sont “chocs” et on nous montre bien tout (la caméra qui repasse 10 minutes après sur le cadavre d’un malchanceux coupé en deux, entre autres réjouissances).
Le scénario du film est plutôt simpliste, et tout à fait dans la veine des autres narrations de King ; un groupe de personnes se retrouvent isolé et doit faire face à un danger plus ou moins surnaturel (le même canevas que “Dreamcatcher”, du même auteur, ou encore Misery, Jessie, Marche ou Crève, et tant d’autres).
Pour le coup, c’est une brume plutôt spéciale qui s’abat sur une ville lacustre ; le “héros” et son fils sont pris au piège dans un magasin où un groupe de survivants s’organise. Oui de survivants car ils se passent des choses pas nettes dans la brume… Et durant tout le film les personnages vont affronter les différentes abominations qui la hantent, des bestioles peu ragoûtantes : énormes tentacules, mouches équipées d’un dard empoisonné, des araignées aux fils acides etc.

Mais en plus de ces agressions extérieures, la groupe du supermarché est rongé de l’intérieur par les discours venimeux d’une fanatique religieuse. Elle monte peu à peu la tête à son auditoire, justifiant les horreurs qui se déroulent en les interprétant comme des punitions de Dieu destinées à toute la société américaine vivant dans la luxure et la débauche.
C’est donc une tension perpétuelle, mais malheureusement trop régulière et unilatérale, qui sous-tend le film entier ; le danger semble être partout, tant la brume extérieure que les esprits embrumés des fanatiques qui se rallient peu à peu à la prophétesse illuminée, appelant à des sacrifices humains pour calmer la colère des dieux - je vous avais dit que c’était déprimant.
Quant au pourquoi du comment de tout cela, il ne révèle pas beaucoup de surprise et fait très cliché ; seule la fin est réellement surprenante.
Une fin osée, il est vrai que cela surprend un peu de voir un tel dénouement dans un film américain et il faut dire que ça fait du bien de voir qu’il sort des sentiers battus.
Mais à part cette ambiance plutôt inhabituelle, pessimiste au possible, je ne vois pas grand chose à tirer de ce film.

Les acteurs sont tout juste passables, techniquement c’est moyen : les plans de caméra sont conventionnels au possible, les effets spéciaux sont assez bof sans être non plus ridicules.
Au niveau de la musique là j’ai vraiment été déçu, il n’y en a presque pas et quand il y en a elle est très discrète et/ou de toute manière pas vraiment captivante. Le seul thème identifiable est une choeur plaintif, soutenant la dernière partie du film, donnant à l’ensemble un ton très tragique ; malheureusement peu transcendé à cause d’un travail artistique assez pauvre.
Artistiquement parlant c’est donc également passable, voire nul. A part un plan plutôt “impressionnant” (toutes proportions gardées) vers la fin du film, il n’y a rien qui accroche l’oeil. Les plans de caméra sont moyens, plats (les cadrages ne jouent pas assez sur la règle des tiers et sont en général peu dynamiques.) De plus aucune des actrices ne brillent par sa beauté ; ne riez pas c’est important pour un spectateur masculin que l’écran soit occupé par une jolie femme, voyez les deux actrices dans Mulholland Drive, de David Lynch, à elles seules elles justifient la qualité esthétique du film.

L'animation de ces monstres n'est pas très convaincante, c'est là où la bât blesse pour The Mist : les effets spéciaux teintés d'amateurisme qui accusent leur âge.
Globalement donc, le film ne m’a pas transmis beaucoup d’émotions, mis à part le dégoût face à une telle cohorte d’abominations scénaristiques, les personnages vont de mal en pis ; quand ils n’arrêtent pas de pouvoir aller purement et simplement.
La critique du fanatisme religieux est certes bien fichue, mais d’une ne parle pas vraiment à un français (je ne dis pas que ça n’existe pas ici, mais ça n’a pas la même ampleur qu’en Amérique conservatrice : Texas, Maine etc.), et de deux fait plutôt figure de bouche-trou scénaristique plutôt qu’une trame d’un réel intérêt narratif. Surtout que c’est sur ce seul élément que repose la montée de la tension à l’intérieur du magasin, une unique cause qui me paraît bien pauvre.
Enfin bref, ça se laisse regarder mais comme c’est vide artistiquement et techniquement ça ne se revisionne pas vraiment.
Critique : Blood - The Last Vampire
by Kaelis on juin.20, 2009, under Cinema
Critique : Blood – The Last Vampire
Chose rare dans nos contrées occidentales qu’un long-métrage tiré d’un manga, c’est ce qu’est Blood. Cette histoire de démons et de vampires, où ne pointe aucune tête d’affiche au casting, plaira surtout aux amateurs de culture japonaise.

Le pitch du film s’inscrit bien dans la lignée des mangas dits « shojen » ; l’héroïne, Saya, est une chasseuse de démons qui s’avère être également une vampire. Elle coopère avec « Le Conseil »,une organisation qui traque les démons. Saya les tue pour eux, en échange ils lui fournissent du sang. Son père fut tué il y a longtemps (la chasseuse de démons est âgée de plusieurs centaines d’années) par le plus puissant et le plus ancien des démons : Onigen. Depuis elle s’est juré de le traquer sans relâche. Entraînée par son grand-père, Kato, à la mort de son père, elle commenca sa longue traque. Et au début du film, sa némésis est repérée près d’une base aérienne de l’Air Force au Vietnâm.
Le long-métrage s’avère fidèle à la trame narrative du manga, mais de cette façon on assiste à une suite de scènes clés, reprenant tous les moments importants du matériau d’origine, mais sans aucune coupure. De ce fait, on assiste plutôt à une caricature du scénario de base plutôt qu’à une souple esquisse. A cause de cela, les relations entre les personnages et les personnages eux-mêmes s’avèrent être peu développés. Seule Saya et Kato s’avère être des personnages crédibles.
Heureusement, l’intérêt du film repose ailleurs. Adapaté d’un manga, il semble en viser la même cible, ainsi c’est un spectacle visuel grandiose qu’on assiste. Les ambiances japonisantes sont rendues à merveille grâce à un mélange de décors en images de synthèse et de filtres de caméras ingénieux. Les différents environnements du film s’avère être presque tous un régal pour les yeux : quartier de nuit mal famé au Vietnâm, camaïeu de rouge et d’orange sous la pluie. La fin du film propose également des plans admirables, de même que les rappels de la jeunesse de Saya dans les montagnes japonaises. Forêts de bambou verdoyantes, feuilles mortes qui s’envolent, tous les codes de l’esthétique japonaise sont utilisés afin d’obtenir une ambiance visuelle marquée qui plaira à coup sûr aux amateurs de manga.

Le genre du film s’en ressent lui aussi, dans la même lignée que les mangas, on assistera à une suite de combats teintée des souvenirs de jeunesse de Saya.
Parlons-en des combats, très dynamiques et visuels, ils viennent encore apporter à la puissance graphique du long-métrage. Malheureusement on relève quelques faiblesses dans ces phases, principalement à cause de l’accompagnement sonore. La musique est hésitante et inconstante durant un même affrontement. Ces variations gâchent un peu le plaisir dans des scènes où il faut proposer des musiques entraînantes, ou au moins donner une ambiance sonore cohérente. Néanmoins, toutes les scènes d’action ne sont pas concercnées et le plaisir d’assister au ballet meurtrier de la chasseuse de démons est au rendez-vous. Les ennemis se comptent par dizaines et le sang coule à flots. Les affrontement sont aussi très soumis à l’esthéthique manga : coups en accélérés, angles de caméras endiablés, traînées de sang picturales ; les amateurs ne seront pas deçus.
Prenant par moment la base aérienne de l’oncle Sam pour cadre, le réalisateur a opéré un mélange des genres bienvenu, au style graphique japonais viennent se greffer des éléments cinématographiques purement américains. Ainsi au début du film se font entendre des airs bien rock’n roll et on assiste à des scènes dans un lycée qui, habilement intégrées, ne dénotent absolument pas avec le reste. Et durant tout le film on suivra également un personnage de film américain par excellence : Alice, la fille du général de la base. Celui-ci sera tué par les hommes du Conseil, Saya la prend donc sous son aile. Bien que ce personnage de minette américaine prenne de temps en temps des airs de potiche, appels au secours et fuites désespérées à l’appui, elle se révèle être un heureux atout et sert à maintenir l’intérêt ; Saya devant sans cesse la protéger, on trouve ainsi une heureuse finalité dans les combats –qui sont souvent peu justifiés dans les mangas.

Le dénouement propose d’agréables surprises, tant en termes de scénario que d’ambiance. L’affrontement contre Onigen dispose d’un souffle épique, principalement donné par la beauté visuelle de la scène. Le démon, qui a pris les traits d’une femme, est une pièce d’esthétique à lui seul. Le kimono se déploie dans les airs, tel les ailes diaphanes d’un ange. La fin se déroule dans le village abandonné de la jeunesse de Saya, qui est un est un village japonais perdu dans les montagnes. On a donc encore droit à de très belles images, les couleurs de la forêt environnantes se mêlent à celles du village abandonnée, Onigen se dresse tel un soleil aux milieux de ces décors, dans son kimono nacré. La scène de fin dispose de plus de deux ambiances, on passera de la sobriété naturelle du début à un embrasement infernal venant annoncer la clôture de la traque de Saya. Et toujours on admirera l’éclat graphique de la scène.
Pour finir, parlons brièvement du jeu des acteurs, la plupart s’avère plutôt effacées mis à part Saya, Alice, Kato et Onigen. Giana Jun incarne la traqueuse de démons, elle arrive bien à faire ressortir l’indifférence du personnage pour les êtres humains « normaux », et sa froideur montre qu’elle vit dans le meurtre. Alice est jouée par Allison Miller, qui livre une prestation honorable.
« Blood » est donc une bonne adaptation, au scénario pas très fouillé certes mais qui retranscrit parfaitement l’ambiance visuelle et le dynanisme d’action des mangas. L’histoire de Saya et d’Alice est assez prenante pour que l’attention - et la tension - ne baissent pas pendant l’aventure. Néanmoins, ce film reste reservé en priorité aux aficionados de mangas et jeux vidéos, les autres ne seront peut-être pas aussi sensibles à l’esthétique du film, la facette la plus réussie du film, et pour ainsi dire, la seule réellement digne d’intérêt.
Critique : Terminator Renaissance
by Kaelis on juin.16, 2009, under Cinema
Critique : Terminator Renaissance
Terminator est de retour, après un troisième volet en demi-teinte.Christian Bale, le Batman de « The Dark Knight », saura t-il donner un nouvel élan à la série ?

Fini la traque des Connor, nous sommes maintenant plongés en pleine guerre de la résistance humaine contre les armées de machines contrôlées par Skynet. On a donc fait un bond en avant d’une quinzaine d’années après le moyen « Terminator 3 », une nouvelle période pour un nouveau départ de la série ?
Le film s’ouvre sur une scène qui annonce la couleur, on assiste à l’attaque d’une base de Skynet par les forces de la Résistance : effets spéciaux grandioses, explosions à tout-va et une déflagration atomique en guise de bouquet final, le tout dans un décor désertique du plus bel effet sur grand écran. Au milieu la bataille, un homme sort de la base des machines, qui est-il, qu’est t-il réellement ? Autant de questions qui tiendront le spectateur en haleine.
Le scénario s’installe en parallèle, John Connor (incarné par Christian Bale) découvre les plans d’une nouvelle série de Terminator, ce qui va précipiter la guerre humain/machines.
Ce nouveau Terminator touche sa cible. Dans la même lignée que Transformers, on assiste à une suite de scènes d’actions trépidantes articulées autour d’effets spéciaux plus vrais que natures et soutenues par une brochette de bons acteurs .
Le film s’installe dans une ambiance apocalyptique plutôt réussie, les humains luttent pour survivre, les machines traquent partout les survivants. Les décors appuient cette atmosphère de Jugement Dernier : villes dévastées, routes jonchées d’épaves et des terres désolées par les explosions nucléaires s’étalant à perte de vue.
On a enfin le droit d’admirer la guerre des machines dans toute sa splendeur, là où les précédents Terminators se contentaient d’y faire des références. Ainsi le film regorge de scènes d’actions dynamitées : assauts héliportés, course-poursuites contre des motos Terminator du plus bel effet ou encore cette scène de combat contre un immense robot –dans l’esprit Transformers – indestructible. Les machines sont plus vraies que natures grâce à des images de synthèse brillantes.

Les Motos Terminator, des machines desservant les meilleures scènes d'action de ce Terminator
Le scénario n’est pas en reste, se déroulant alternativement selon deux points de vue ; celui de John Connor et celui du mystérieux homme sorti de la base au début du film. L’issue du combat semble toujours incertaine grâce à de multiples rebondissements ; Skynet capture des humains à d’occultes fins, la Résistance découvre un moyen de rendre inopérantes les machines grâce à un émetteur à ondes courtes, le QG de la Résistance est menacé. Autant de péripéties qui empêchent la tension de baisser et entraîne le spectateur au fil des scènes. Et effectivement, l’intensité ne faiblit pas une seule fois jusqu’à l’affrontement final, qui rappellera les combats désespérés des précédents Terminator.
Les acteurs sont convaincants ; Christian Bale est encore meilleur que dans The Dark Knigt, grâce à un rôle plus « humain ». Sam Worthington campe le second rôle d’action efficacement, accompagné d’Anton Yelchin et de Moon Bloodgood, des acteurs peu connus mais livrant une bonne prestation.
Dans tout cela, la musique du film remplit son office mais ne marquera personne. Citons l’apparition de deux morceaux des Gun’s N’Roses.
Ce quatrième Terminator marque donc un nouveau départ dans la série, et nul doute qu’une suite est en gestation au vu de la fin ouverte de ce film. Une action effrénée, des machines parfaitement rendues à l’écran et un scénario solide font de Terminator Renaissance un futur blockbuster dans la lignée de Transformers. Reste qu’il ne faut pas s’attendre à plus, cela reste un divertissement grand public qui n’amène aucune réflexion, mais c’est bien ce qu’on demande à ce genre de long-métrage.
Critique Cinema : The Dark Knight
by admin on juin.11, 2009, under Cinema
The Dark Knight est la suite de « Batman Begins », qui ouvrait un nouveau cycle des interprétations du comic « Batman ». Ce film est produit par Christopher Nolan, on retrouve Christian Bale en Batman, qui avait déjà endossé la tenue du super héros dans le volet précédent. Le fameux Joker est incarné sous les traits de Heath Ledger, qui jouera ici son avant-dernier rôle avant de décéder.
Le film oppose ces deux personnages dans Gotham City, une ville rongée par le crime. L’histoire démarre sur les chapeaux de roue, avec une entrée en matière dynamique qui donne le ton du long métrage. Le Joker veut mettre Gotham à feu et à sang, et ce psychopathe voit en Batman un obstacle à éliminer.
Le scénario est dynamique, inspirée et d’une noirceur appréciable. Ce film se démarque des autres aventures de super-héros ; ici Batman n’en est même pas vraiment un, et finalement la vraie vedette du film se retrouve être le Joker. Provocateur, imprévisible, doté d’un caustique humour noir, ses pièges se suivent mais ne se ressemblent pas, on plonge dans cet enchaînement de scènes mené tambour battant.

Je vous donne ma carte
On suivra une première moitié de film qui introduit tous les éléments du scénario, tout en nous distillant des plans de caméra parfois admirables, des vues sur les grattes-ciels de Gotham, le repère caché de Batman à l’allure ésotérique entre autre. Puis une longue scène d’action dépourvue d’accompagnement musical fait office de plongée en apnée dans la noirceur du long métrage, cette immersion qui dévoile la vraie puissance qui se dégage de l’œuvre ne se fait pas forcément remarquer, et c’est pour ça que cette scène est un petit bijou de précision et d’efficacité. On ne s’en rend pas compte, mais elle nous plonge complètement dans la véritable ambiance du film. Ce mélange d’humour noir, d’action épique, de suspense et teinté d’une touche de réflexion. Car le film se paye le luxe d’exploiter quelques doses de symbolisme, comme la pièce qu’utilise Harvey – le procureur de Gotham qui pourchasse inlassablement le crime dans la ville – pour décider de son futur. Elle montre d’une certaine façon la vision du Joker, une certaine absurdité de la vie. Cette vision se fait clairement ressentir durant la fin du film, tandis que le rythme ne baisse pas et que l’intensité croît sans cesse.
Les ficelles scénaristiques employées sont étonnantes de machiavélisme, les pièges du Joker se referment tous un à un et rien ne semble pouvoir stopper son œuvre de destruction. On a le droit à des rebondissement innatendus, des passages de suspense pur et le film, soutenu par ce moteur narratif inépuisable, progresse sans aucune baisse de régime, tenant facilement le spectateur en haleine durant les 2H30 de bobine.
Le jeu des acteurs n’est pas en reste, Christian Bale offre un Batman crédible, Morgan Freeman est bon comme à son habitude, Gary Oldman qui joue l’inspecteur allié à Batman est aussi convaincant que dans « Batman Begins ». Mais la palme revient sans conteste à Heath Ledger, qui plante un Joker dérangé et dérangeant, criant de réalisme. Le clown amuse tout autant qu’il horrifie, son humour noir n’est pas sans charme, et ce méchant a tout pour s’opposer face à Batman. Bien souvent on savoure les scènes avec le Joker tout en frémissant devant ses machinations diaboliques. Heath Ledger a réussi à créer un parfait anti-héros qui mène littéralement la danse durant tout le film. Un seul bémol : le remplacement de Katie Holmes pour le personnage de Rachel par Maggie Gyllenhall, qui est aussi expressive qu’un veau sous morphine.
Le tout est porté magnifiquement par la musique inspirée de Hans Zimmer et James Newton Howard, le second compositeur ayant déjà signé –entre autre- la remarquable bande-son de « Je Suis une Légende ». Les thèmes musicaux du film illustrent l’anarchie du Joker et les passages d’action épique tout autant que le sentimentalisme qui apparaît dans certains moments.

Une affiche aussi classe que le film
En dernière analyse, disons que The Dark Knight transcende le genre du film de super-héros, le méchant s’y fait plus séduisant que le héros, la noirceur de l’œuvre prend presque le pas sur l’habituelle ambiance légère de film tels que Superman, Hulk ou encore X-Men, la musique sait y briller par son absence comme lors de la fameuse scène charnière du milieu du film. Christopher Nolan nous livre un long métrage haletant, porté par des acteurs convaincants, un scénario délectable, une bande-son qui élève le film ainsi qu’une maturité et une profondeur qui manque souvent au genre.



