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Critique Cinéma : The Mist

by Kaelis on jan.31, 2010, under Cinema

Ce film, réalisé par Frank Darabont, est l’adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Stephen King. Le casting comporte une quasi totalité d’inconnus mais le réalisateur avait fourni deux bons long-métrages : Les Évadés et la Ligne Verte ; qu’en est-il donc de “The Mist” ?

Une bonne affiche de fantastique avec des effets de lumière totalement transc-divins.

Et bien, ce qui vient de suite à l’esprit est : déprimant.

Tout le monde crève (excusez mon langage mais les morts sont tout aussi crues qu’un tel niveau de langue donc autant vous mettre au parfum), les scènes sont “chocs” et on nous montre bien tout (la caméra qui repasse 10 minutes après sur le cadavre d’un malchanceux coupé en deux, entre autres réjouissances).

Le scénario du film est plutôt simpliste, et tout à fait dans la veine des autres narrations de King ; un groupe de personnes se retrouvent isolé et doit faire face à un danger plus ou moins surnaturel (le même canevas que “Dreamcatcher”, du même auteur, ou encore Misery, Jessie, Marche ou Crève, et tant d’autres).

Pour le coup, c’est une brume plutôt spéciale qui s’abat sur une ville lacustre ; le “héros” et son fils sont pris au piège dans un magasin où un groupe de survivants s’organise. Oui de survivants car ils se passent des choses pas nettes dans la brume… Et durant tout le film les personnages vont affronter les différentes abominations qui la hantent, des bestioles peu ragoûtantes : énormes tentacules, mouches équipées d’un dard empoisonné, des araignées aux fils acides etc.

Le héros et son fiston.

Mais en plus de ces agressions extérieures, la groupe du supermarché est rongé de l’intérieur par les discours venimeux d’une fanatique religieuse. Elle monte peu à peu la tête à son auditoire, justifiant les horreurs qui se déroulent en les interprétant comme des punitions de Dieu destinées à toute la société américaine vivant dans la luxure et la débauche.

C’est donc une tension perpétuelle, mais malheureusement trop régulière et unilatérale, qui sous-tend le film entier ; le danger semble être partout, tant la brume extérieure que les esprits embrumés des fanatiques qui se rallient peu à peu à la prophétesse illuminée, appelant à des sacrifices humains pour calmer la colère des dieux - je vous avais dit que c’était déprimant.

Quant au pourquoi du comment de tout cela, il ne révèle pas beaucoup de surprise et fait très cliché ; seule la fin est réellement surprenante.

Une fin osée, il est vrai que cela surprend un peu de voir un tel dénouement dans un film américain et il faut dire que ça fait du bien de voir qu’il sort des sentiers battus.

Mais à part cette ambiance plutôt inhabituelle, pessimiste au possible, je ne vois pas grand chose à tirer de ce film.

Oui oui, c'est du sang, c'est donc un film d'horreur.

Les acteurs sont tout juste passables, techniquement c’est moyen : les plans de caméra sont conventionnels au possible, les effets spéciaux sont assez bof sans être non plus ridicules.

Au niveau de la musique là j’ai vraiment été déçu, il n’y en a presque pas et quand il y en a elle est très discrète et/ou de toute manière pas vraiment captivante. Le seul thème identifiable est une choeur plaintif, soutenant la dernière partie du film, donnant à l’ensemble un ton très tragique ; malheureusement peu transcendé à cause d’un travail artistique assez pauvre.

Artistiquement parlant c’est donc également passable, voire nul. A part un plan plutôt “impressionnant” (toutes proportions gardées) vers la fin du film, il n’y a rien qui accroche l’oeil. Les plans de caméra sont moyens, plats (les cadrages ne jouent pas assez sur la règle des tiers et sont en général peu dynamiques.) De plus aucune des actrices ne brillent par sa beauté ; ne riez pas c’est important pour un spectateur masculin que l’écran soit occupé par une jolie femme, voyez les deux actrices dans Mulholland Drive, de David Lynch, à elles seules elles justifient la qualité esthétique du film.

L'animation de ces monstres n'est pas très convaincante, c'est là où la bât blesse pour The Mist : les effets spéciaux teintés d'amateurisme qui accusent leur âge.

L'animation de ces monstres n'est pas très convaincante, c'est là où la bât blesse pour The Mist : les effets spéciaux teintés d'amateurisme qui accusent leur âge.

Globalement donc, le film ne m’a pas transmis beaucoup d’émotions, mis à part le dégoût face à une telle cohorte d’abominations scénaristiques, les personnages vont de mal en pis ; quand ils n’arrêtent pas de pouvoir aller purement et simplement.

La critique du fanatisme religieux est certes bien fichue, mais d’une ne parle pas vraiment à un français (je ne dis pas que ça n’existe pas ici, mais ça n’a pas la même ampleur qu’en Amérique conservatrice : Texas, Maine etc.), et de deux fait plutôt figure de bouche-trou scénaristique plutôt qu’une trame d’un réel intérêt narratif. Surtout que c’est sur ce seul élément que repose la montée de la tension à l’intérieur du magasin, une unique cause qui me paraît bien pauvre.

Enfin bref, ça se laisse regarder mais comme c’est vide artistiquement et techniquement ça ne se revisionne pas vraiment.

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2 Comments for this entry

  • Amandine

    Je ne suis pas du tout d’accord avec cette article… Je trouve que ce film a été créer pour bien montrer que l’homme devient complètement débile et fanatique a n’importe quel croyance lorsque plus rien ne va correctement…
    Moi j’ai trouvé que ce film était vraiment bien fait.
    Et au niveau des pin-up… Au moins ici y en a pas justement… Pour moi un film ne fait pas sa qualité artistique par une prostituée… Je sais que beaucoup de mec aime çà mais faut pas exagérer non plus…
    Enfin bref… voilà…

  • Kaelis

    C’est bien beau d’avoir une idée en tête lorsqu’on fait un film, et je suis d’accord avec toi le film est sûrement fait dans l’optique que tu cites, mais quand on a pas assez de talent pour mener à bien cette ambition ça se voit.

    Je ne parle pas de pin-up, je ne sais pas si tu as vu Mulholland Drive mais on est loin des “prostituées” que tu cites, il ne faut pas déformer autant mes propos ^^ Je parle de beauté, d’esthétique, pas de vulgarité. Et une jolie femme n’a jamais gâché un film. De plus même sans être objectivement belle, une actrice doit pouvoir dégager une certaine beauté si le réalisateur dispose d’une sensibilité.

    Merci d’avoir lu en tout cas.

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